Nous diffusons et soutenons cet appel, n'hésitez pas à recourir au copier/coller.
La lutte continue.
Cet appel est anonyme, il ne provient d'aucune organisation officielle mais il est évidemment diffusable.
Depuis quelques mois, la tension sociale est à son comble. Le libéralisme économique de Nicolas Sarkozy tente de se présenter comme la seule solution en écrasant toute tentative d'exprimer des projets de sociétés alternatifs. La lecture de la lettre de Guy Moquet nous rappelle qu'être idéaliste, c'est, comme l'a écrit un lycéen anonyme, "mourir dans une carrière, fusillé en criant le nom d'un parti, d'une patrie qui avait déjà fui. Et sentir les balles allemandes traverser son corps. 1 rafale. 2 rafales. 3 rafales." Nicolas Sarkozy, en exaltant le sacrifice prétendument patriote de Guy Moquet, nous prépare à aimer se sacrifier pour le "bien commun". Mais nous retenons de la mort de ce militant communiste naif et de bien d'autres jeunes, morts autant par les balles allemandes que par le silence du Parti, l'envie de voir le peuple se lever contre les injustices. Si nous devons nous sacrifier, ce sera pour que naisse un monde dans lequel le pouvoir sera rendu au peuple. Nous ne pouvons accepter que les réformes "sociales" du gouvernement Fillon tentent de revenir 60 ans en arrière. Nous ne pouvons accepter que la réforme Pécresse cherche à tuer les filières "non-productives" (comprenez les filières où l'on réfléchit trop) et élimine les rares vestiges de démocratie universitaire qui ne sont pas entre les mains de l'UNEF. Nous ne pouvons accepter une politique d'immigration qui tend à criminaliser chaque étranger. Les tests ADN représentent une mesure que Vichy n'aurait pas reniée. La famille n'est pas que génétique et il est intolérable que, sous couvert de stopper les fraudes dans les procédures de regroupements familiaux, on conserve des données sur l'ADN de personnes qui n'ont rien de criminels ni de pédophiles. Nous ne pouvons accepter qu'un Etat, dont l'existence est en soi un problême, couvre des délits d'initiés et des magouilles financières qui mettent des milliers de travailleurs sur la paille. Nous sommes une génération qui s'ennuie. Elle veut croire à un autre monde que le capitalisme et le pouvoir étatique ne peut certainement pas lui offrir. Nous sommes la génération mai 2008 et voici notre appel :
Etudiants, lycéens, salariés, fonctionnaires, chomeurs, rmistes, retraités, sans-papiers, exclus et révoltés ; ce mois de Novembre 2007 doit être le début d'un long mouvement avec pour but la grêve générale créatrice de démocratie directe et autogérée. Près de 40 ans après mai 68, nous pensons qu'il est du devoir de chacun de tout faire afin d'obtenir l'émancipation et de gagner le socialisme libertaire. Ces dernières années, les luttes ont permis à beaucoup d'entre nous d'acquérir dans la rue l'expérience que des années de soumission avaient étouffé chez certains. Refuser la suprématie de l'Etat sur l'être humain, de l'argent sur l'Etat et des nantis sur l'argent, c'est accepter de vivre avec les autres pour construire ensemble un avenir que les négociations de palais ne pourront qu'assassiner. Dès maintenant, des Assemblées Générales indépendantes et ouvertes à tous doivent être organisées afin de déclarer la grêve. Les revendications doivent être aussi larges que nos utopies afin de rendre ces dernières concrêtes. Ne lachons rien.
Génération Mai 2008